Oh oui Andy
"Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, regardez simplement la surface : celle de mes tableaux, de mes films, de moi-même. Me voilà. Il n'y a rien derrière".

Donc, si vous avez toujours voulu tout savoir sur Andy Warhol sans oser le demander, je vous conseille l'expo "L'oeuvre ultime" au Musée d'Art Contemporain de Lyon. Cette expo présente les 15 dernières années de création de l'artiste (1972-1987), avec des oeuvres diverses (peinture, photos, papiers peints, interviews, films, etc.), méconnues puisque peu montrées.
Très différent donc du Warhol que je connaissais et que j'adore, celui des années soixante. Celui que je connais, c'est le même que tout le monde en fait, celui des Monroe, Presley, des Flowers, des Campbell's Soup Cans, des Coca-Cola Bottles, mais aussi des auto-portraits ou de la série sur la mort (Crashes, Disasters, Electric Chairs...). Ce que j'aime dans ces séries d'oeuvres, c'est que Warhol utilise des images banales et quotidiennes pour les transformer en oeuvres artistiques, tout en montrant qu'elles étaient reproductibles à l'infini. Le point de rencontre entre l'Art et la société de consommation dans laquelle nous vivons. Comment défendre l'Art dans une société qui reproduit à l'infini, qui nous fait consommer puis jeter, si ce n'est en montrant que l'Art peut aussi être un objet de consommation : "Puisque la valeur esthétique risque d'être aliénée par la marchandise, il ne faut pas se défendre contre l'aliénation, il faut aller plus loin dans l'aliénation et la combattre par ses propres armes (..) faire de l'oeuvre d'art une marchandise absolue" (Baudrillard).
Bref, je ne vais pas m'étendre sur ce sujet qui me passionne, mais juste vous dire que cette expo, c'est encore autre chose ! Début 70, Warhol revient à la peinture (mais aussi à la photo, etc.), combine sérigraphie et geste pictural plus libre. Son intérêt pour les thèmes de la beauté (avec notamment ses photos sur les drag-queens, sa transformation en femme, etc.) et de la mort (la série des crânes) est toujours visible.

Mao - 1972 Basquiat - 1984 - Peinture cuivre + urine Ladies & Gentlemen - 1975
Moi, ce que j'ai vraiment beaucoup aimé, c'est ses photos, que l'on peut voir à partir des planches-contact avant de les voir tirées sur papier, puis pour certaines, servant de base à des tableaux.

Le réalisateur Fassbinder, l'acteur Brad Davis et Warhol.
Sur certaines photos (mes préférées), on y voit un New-York des années 80 magnifique ... Juste ça, ça vaut le détour.