15 mn de gloire
Vous connaissez très probablement cette citation de Warhol (encore lui), qui dit que chacun de nous, au cours de sa vie, connaîtra son 1/4 d'heure de gloire...
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J'ai longtemps pensé (enfin au moins 5 ans) que mon 1/4 d'h de gloire viendrait le jour de ma soutenance de thèse. Imaginez : Votre famille et vos amis sont là, et pendant 3 ou 4 heures, 4 universitaires vont dire combien vous êtes brillante, que votre thèse est innovante dans l'Analyse du Discours en Interaction, etc etc. Manque de bol, au lieu de ces quelques heures de gloire, j'ai eu le droit de me faire "pourir" pendant au moins 2 heures (heureusement j'ai quand même eu une mention).
Mon 1/4 d'h de gloire, ça aurait aussi pu être le jour où le journaliste sportif de TLM (télé lyonnaise) a décidé de m'interviewer, suite à une compétition de rameur en salle. Sauf que je viens de me taper 2000 m à fond sur un ergomètre, avec un résultat à chier, je suis blanche comme un cadavre, et il me faut expliquer la différence entre un ergomètre et un bâteau d'aviron, alors que derrière moi, dans la salle, rament les meilleurs français. Rien de glorieux donc.
J'aurais aussi pu vivre mon 1/4 d'h de gloire l'été dernier pendant les JO d'Athènes. J'aurais pu me la péter grave, mon ex (enfin, "ex" ça veut rien dire : un garçon que j'ai aimé très beaucoup, et j'aime encore beaucoup quand même un peu mais pas pareil... Je vous l'accorde, ça ne veut rien dire ce que je raconte, mais c'est fait exeprès) étant qualifié aux JO. Ca aurait été facile, avec des articles dans les journaux, sa trombine à la télé. Sauf que : Je ne suis pas à Athènes, mais devant ma télé (ouiinnn), et pi il a pas eu de médaille (re ouiinnnn).
Non, mon petit 1/4d'h de gloire, celui qui m'a apporté un pur moment de bonheur s'est passé en 2003. On avait monté un 8 féminin tant bien que mal, pour les championnats de France Universitaires d'aviron. J'étais la doyenne du bâteau, c'était rigolo. Et on a gagné. On a pu se la péter un peu sur le ponton servant de podium, devant les .. pfiou, au moins 200 spectateurs, à être félicitées par les officiels, à poser pour quelques photos, à brandir nos médailles en chocolat "or". C'était bien. Mais ce qui fut vraiment bien, ce fut après. La fierté de mes parents. Et mon père, qui ne m'a jamais dit qu'il était fier de moi, mais qui a appelé tous ses amis pour leur dire. Pendant des semaines, j'ai reçu des appels de ses amis pour me féliciter. Et encore quelques années après, mes parents le balancent à des repas. Eh eh. C'est pour ça que ce fut vraiment mes 15 mn de gloire. Parce qu'ensuite, ça m'a apporté bien plus que 15 mn de bonheur...
===> Et vous, avez-vous 1/4 d'h de gloire à partager ici, et racontable en moins de 10 lignes ( bon vous allez parler nom d'un chien !) ??
* Photo Moi. Les 15 mn de gloire de Rémi, Jo, Tibo, Fred, Champions de France, Aiguebelette, 2002.