Nos madeleines

Publié le par Hello Stéphanie

Dimanche matin, alors que nous prenions tranquillement notre petit dej, avec Cheri, apres un footing en bord de mer, j'ai regarde notre tablee, et ai realise combien nous n'etions pas europeens pour rien.

Croissants (bon, ca reste tout de meme tout a fait exceptionnel, surtout que ceux-la n'etaient pas top, ils venaient de Cobs pour ceux qui voudraient ne pas en acheter), confiture Bonne Maman, saucisses et moutarde allemandes pour Cheri (non, je ne me suis pas encore decidee a bouffer du saucisson au petit dej), etc etc.

Je regardai Cheri deguster avec delectation son petit dej, elevant la moutarde au statut de la "meilleure-moutarde-que-j'ai-jamais-mangee", et je me suis demandee jusqu'a quel point ces mets sont nos madeleines de Proust, a nous, expats.

Je me suis demandee ou etait la frontiere entre notre "sensitivite gustative", le gout basique, et notre "sensibilite" gustative, le gout que l'on veut bien lui donner, connecte a nos emotions, et surtout a nos souvenirs...

J'adore la confiture Bonne Maman ici, alors qu'en France je n'en achetais jamais car je la trouvais trop sucree. Je savoure chaque morceau de camembert President alors que je ne mangeais pas souvent de fromage en France.

Dans le frigo, on a de la moutarde franchouille et de la moutarde allemande. Chuis a peu pres sure qu'elles ont le meme gout ou presque. Sauf que pour chacun, sa moutarde est la meilleure. Cheri m'avoua meme qu'il n'aurait jamais achete cette moutarde en Allemagne, car il y avait bien meilleur. Or, ici, c'est la seule qu'on trouve, ce qui suffit a la nommer Meilleure moutarde.

Vous me direz, pas besoin de traverser un Ocean pour lier le gout des choses a nos souvenirs. Les pains perdus de ma Grand-mere etaient bien sur, en toute objectivite, les meilleurs pains perdus. Et rien ne vaut les gratins de ma mere et le vin de mon pere.

Mais ici, loin de tout cela, tout prend une autre ampleur... Ces petites choses suffisent a donner le sourire a une table canadienne qui en a bien besoin.. (entre le Cheddar bicolore mais pas bi-gout et le pain de mie).

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Publié dans Lost In Vancouver

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B
Sandrine, tout à fait juste. Dijon, évidemment ! <br /> mais j'avais la tête un peu à l'ouest.  <br /> pour parler sérieusement, ce post nostalgique m'angoisse, surtout venant de personnes jeunes.  à lire l'humour qui émaille ces posts, on sent que l'intégration se passe bien mais, pour moi qui suis plus vieille, je m'interroge sur ma capacité d'adaptation.
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S
Bribri> je sais pas si c'est canadien, la moutarde, mais c pas lyonnais en tout cas, ça c'est sûr ... C'est plutôt Dijon.
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S
fp : tu parles de la poutine ? Je rigoooole :p<br /> Bribri, ah bon ? un mythe tombe !<br /> Chris, un peu pareil ici, sauf que je le cache pour pas que Monsieur ne le bouffe :p
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C
he he, ca me rappel quand, en écosse,  je me cachais pour réceptionner et manger du saucisson (que ma copine de l'époque avait en horreur), alors que j'en mange assez peu en france...
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B
ces petites choses qui rendent l'exil plus doux...<br /> lu par hasard : 80% des graines de moutarde du monde sont produites au Canada, dont 75% en Saskatchewan... moi qui croyait que Lyon était la capital mondiale de la moutarde... <br /> B<br /> ps qui n'a rien à voir : merci pour le lien avec le blog de Vincent. aussi intéressant que le votre dans un autre genre.
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