Le jour du Non-Visa
Ou Comment Faut-il etre motivee pour rester.
- Deja la bouffe et le reste. Ou comment c'est pas simple pour commander, meme un cafe. Je reprends ici les mots de mon ami Julien, expert en vols Vancouver-Paris, qui decrivait parfaitement ma joie de rentrer en France, pour retrouver un univers familier. Entrer dans une boulangerie, et simplement demander une baguette, Point barre. Entrer dans un bistrot, commander un expresso au zinc, et s'assoier paisiblement a une ptite table. Pas de taille a choisir, de genre de cafe, de lait etc. Un retour a des choses simples.
- Les gens ici, notamment les techniques de drague. Enfin, technique est un biiien grand mot. Virginie me l'avait d'ailleurs fait remarquer l'an dernier. 0 drague en un an. Du coup, nous avions d'autant plus apprecie notre week-end a Seattle. Ici, je me rappelle ce canadien, rencontre en meme temps que Cheri. Que nous avons recroise a Noel dans un resto et qui a passe le temps de la discussion a me parler en regarder legerement plus bas que les yeux... Charmant.
Ou encore hier soir dans le bus, je me retrouve assise a cote d'un monsieur pas tres beau et petit, et bing, pour ma pomme. J'ai peut-etre ete punie pour avoir ri de la taille de Sarkosi pendant le lunch (LE bon moment du jour, lunch avec deux amis journalistes a parler politique en mangeant de la viande au Memphus Blues).
- En parlant de bus, hier soir, cet horrible chauffeur, qui, alors qu'un monsieur age avec des problemes pour marcher lui avait demande de lui annoncer l'arret Oak Street, n'a pas ouvert la bouche, ne s'est pas re-arrete quand l'homme s'est rendu compte qu'il manquait son arret, et pire, qui a ose mentir en disant l'avoir annonce. J'ai failli aller directement le taper.
Pourquoi tant de haine un vendredi soir me direz-vous ?
- Parce que je venais de perdre 550$ et 6 mois.... Mon dossier de demande de nomination par la Province (premiere etape a la residence permanente, que j'avais rempli sur conseils de la chef du Programme, me definissan comme parfaite candidate ) m'aura coute des mois et des mois, et 550 $. Pour ce prix la, ils ont vaguement examine mon dossier, ne m'ont meme pas recu dans leur bureau (la derniere fois que j'y suis allee pour un conseil, le conseiller m'a accueillie dans le couloir).
Pour 550$, ils ont envoye une courte lettre a ma boss, sans copie pour moi, disant que je ne repondais aux criteres pour etre nominee. 18h d'enseignement, meme si cela correspond a un temps plein d'enseignement, ne correspondent pas a leur 30h requises. Il est aussi precise que la province ne recrute que des gens hautement qualifies et necessaires pour la Province. Or, avec mon doctorat en linguistique et mes multiples employeurs, je ne semble donc pas necessaire.
En fait, d'apres tous les collegues de travail ici depuis des annees, l'explication est simple. Pourquoi faire immigrer une francaise alors que le Canada a des quebecquois ? Ou encore mieux, des canadiens qui ont appris le francais a l'ecole... Et oui...
Me revoila donc a repartir a la case depart, a savoir Immigration federale, celle qui prend des mois et des mois... J'espere seulement que l'ambassade de Paris me donnera quand meme ce visa temporaire d'un an...
Je vous jure