L'oubli
Parmi les questions existencielles que je me pose ces temps-ci, un peu de tout et de n'importe quoi, selon l'humeur, l'état de fatigue, d'excitation... :
-Si je maigris avant mon départ, aurais-je le droit d'amener plus de kilos de bagages ? (non mais c'est vrai ! En plus, au moins, ça donnerait une occasion concrète de faire un vrai régime !)
- Est-ce que mon mal de ventre datant de jeudi dernier est du à l'alcool, au froid, à la poutine ou aux trois ensembles ?
- Est-ce que la visite médicale de jeudi pour mon visa va bien se passer ?
- Pourrais-je amener dans ma valise mes 2 paires de bottes, mes rollers, ma tenue de surf, mes 10 DVD de Robbiiie, mon book photos, mes doudous, mes pantoufles, etc etc. (Des questions follement intéressantes donc).
- Et surtout, Qui va m'oublier ? Et qui ne va pas le faire (car il/elle sait que je peux taper :-) ) ?? [Je précise que je ne dis pas ça pour que vous me disiez mielleusement "Mais nannn on va pas t'oublier euuh". On a passé l'âge des promesses d'ados à la fin des vacances au camping :-) ]
Je pense vraiment que la distance peut rapprocher un temps, certaines personnes, peut-être parce que l'on va plus à l'essentiel quand on communique à des milliers de kms.
![]() | Et puis, certaines relations sont vouées à s'éfficlocher au fil des semaines, des mois, comme une bobine de fil ou un vieux pull, qu'on a porté et reporté, que l'on adore mais dont on n'aura pas pris soin de réparer le petit bout de fil qui commençait à se faire la malle. Le bout de fil devient de plus en long, et le pull de plus en plus petit... On oublie petit à petit que vous avez été dans le coin. Chacun poursuit sa route de son côté. Dommage. Mais c'est la vie. Comme me le disait l'un de mes conseillers en expatriation, on se rend compte que certaines relations étaient liées au contexte. Et hors contexte, elles finissent par perdre de leur sens (comme les mots)... Chacun a eu des grand-e-s am-i-e-s au lycée, dont on était inséparable, et que l'on a perdu de vue ensuite... |
Je me rends compte que petit à petit, ce truc un peu désagréable arrive. Probablement aussi que je commence à être dans une bulle à part, pré-expatriation.
On peut penser que j'en fais trop, que mon visa ne sera que d'un an. Mais faut que je vous le dises... Je pense pas revenir. Mon dossier de demande de visa permanent est imprimé depuis des mois, et je commence à voir les centaines de papiers à rassembler.
Et donc, le premier exemple de cet oubli dramatique me fut jeté à la gueule cet après-midi quand je suis allée à la campagne, chez mes grands-parents, chercher mon chat. Mon appart est bien vide sans lui, j'avais hâte et je déprime tellement à l'idée de le laisser à Lyon, et en plus, sans encore savoir à qui ! Bref, mon chat est tellement bien là-bas (pourtant il a pas de câlins là-bas !!!), qu'il est allé se planquer chez le voisin, à ma vue. Je suis donc rentrée chez moi seule, et blazée ! Quel ingrat ! Avec tous les câlins que je lui fournis !!
Pffff.
