Maitre de conference tu ne seras pas
Parmi les choses que je suis de loin, en France, a part la politique, les people (il parait qu'Ophelaie Winter a ete entendue dans une affaire de drogue !! Je savais meme pas qu'elle existait encore), y a les zami-e-s. Notamment mes ami-e-s de la fac, epoque These.
Quand j'ai commence ma these, j'etais un electron libre. Ma directrice avait reussi a degoter une allocation de recherche, qui etait allee a meilleure candidate que moi, normal. Chose rare, qqs mois plus tard, elle en recuperait une deuxieme d'un labo sans candidat anymore, et me la donnait. Je me suis donc retrouvee parachutee dans ce monde a part qu'est celui universitaire. Bureau a notre nom, cours comme chargee de TD, participation active dans groupes de recherche, cours d'anglais offerts par le CNRS, colloques, etc etc. Et surtout, la promesse d'un avenir tout beau au sein de la fac. Nous etions "l'elite, la creme" (bien evidemment ces mots ne sont pas de moi), tout ca parce que nous etions parmi les rares finances. Tries sur le volet pour avoir sa these financee, et des cours, l'universite irait chercher directement dans ce vivier pour recruter ses futurs maitres de conference. On nous a tartines de compliments pendant les premieres annees, nous disant O combien notre these serait porteuse pour le labo.
Il fallait biensur comprendre que nous leur etions utiles. Utiles pour se taper des taches administratives (en echange du bureau et du poste de travail), Utiles pour donner nos idees et notre energie, et surtout utiles pour rapporter des sous au labo...
Apres qqs annees, soudain, l'avenir nous a apparu moins rose... Notamment apres la soutenance de these, quand nous n'etions plus de simples etudiants-chercheurs, mais de vrais candidats a du boulot en universite... On vous propose des petits boulots au sein du labo, genre administratif pour vous garder sous la main, au cas zou, et nourrir vos belles illusions, de pouvoir un jour, enseigner sa specialite a la fac, ou simplement, faire de la recherche.
Jusqu'a ce que finalement...
Le bilan d'aujourd'hui est simple. Moi, je suis partie, De toute facon, je n'aurai pas ete embauchee a la fac. Sur mes 3 amies docteures, aucune n'a trouve de travail dans son domaine. Toutes se sont reconverties. FLE, formation professionnelle, ou autre. Le dernier bebe du labo, mon ami Manu, pas encore docteur mais deja reconverti a l'enseignement du FLE, seule filiere offrant encore du travail...
Deprimant. Mais le pire, c'est l'ignorance totale de la part de nos anciens directeurs de labo, de recherche, ou collegues. Auucn soutien, aucun conseil, RIEN, nada, peanut.
Cette annee, LYON 2 a ouvert un poste en pragmatique, LE poste que nous attendions depuis des annees, puisque nous correspondons EXACTEMENT au profil. On aurait pu croire que, comme dans beaucoup d'universites, les candidats locaux seraient priviligies, bebes fabriques par l'universite elle-meme. Et bien non, Lyon 2 est au-dessus de ca. On y forme des profs-chercheurs, on les finance, on leur donne leur premiere experience universitaire, on les fait ecrire des articles et on les envoie dans des colloques. Et puis finalement, on les ignore pour aller bercer d'illusions de nouveaux doctorants, qui eux-aussi croiront qqs mois que leurs idees sont novatrices.
On les ignore telles des moins que rien, etudiants, qui, a plus de 30 ans, apres avoir donne des annees au labo, se retrouvent a la NPE, entendant la conseillere leur dire qu'elle ne peut rien faire pour eux, leur dire de supprimer la ligne THESE sur leur CV, ou encore mieux, les plaindre ("mon pauvre"). Entendre des employeurs refuser de vous engager car vous avez trop de diplomes, ou encore parce que vous allez vous emmerder dans ce travail.
Dommage de devoir renoncer a son reve.
Si pres du but.