Ce soir
A quel moment peut-on enfin dire que l'on a tue ses demons, ses vieilles peurs, ses angoisses enfouies sous des dizaines d'autres souvenirs ? A quel moment peut-on vraiment se dire gueri-e des saletes du passe ? Est-ce que l'on se guerit vraiment, d'ailleurs, ou est-ce qu'on apprend simplement a vivre bien avec tout ca ?
A quel prix arrive-t-on a preserver ses reves de petite fille ?
Les annees passant, on apprend a accepter ses erreurs du passe, a depasser ses deceptions, concernant les autres (enfin surtout concernant les garcons pour ma part), a depasser aussi celles concernant soi-meme.
J'ai pense surmonter seule tous ces mauvais souvenirs de post-adolescente et de debut de vie d'adulte. J'ai pense avoir enfin surmonte ces freins a une vie epanouie et sans rancoeures. J'ai pense avoir ete plus forte que ces petits cons ayant passe sur moi leurs conneries de vingtenaires.
Et puis, un jour, non, plutot petit a petit, ca remonte, comme un frein a la nouvelle vie. On rencontre celui (ou celle) qui vous chavire le coeur, et tout remonte, tout est encore la, devenu comme un automatisme, une auto-protection qu'on ne controle meme plus.
J'imagine donc que c'est le moment ou il faut commencer une psychanalyse, ou du moins, ou il faut se debarraser de cette merde. Pour avancer.
Est-ce que ca doit passer par Mettre des mots sur tous ces mauvais souvenirs, les verbaliser, alors qu'on a qu'une envie, c'est les taire, voire les cacher. Dedramatiser. Y a pire.
Je suis restee trois ans, mon record, avec un gars, qui, bien qu'adorable, me faisait attendre de 30 mn a 1heure, en plein hiver, dans une rue glauque a 21h30, parce que je lui laissais ma voiture pendant mon cours de danse. Je sechais vite mes larmes quand j'entendais les pneux crisser au coin de la rue, sachant qu'il serait furieux.
Y a pire, mais c'est plutot ridicule non ?
Effacer tout ca, oublier, et penser a maintenant, aujourd'hui, ce soir.