C'est bien paske c'est vous

Publié le par Hello Stéphanie

De l’art de louer un appartement à Vancouver

Parce que vous ne pouvez pas acheter de journal vancouverois, et que cet article est (enfin) mon tout premier article a moi-rien-qu'a-moi (ni une critique de film pour Abus de cine, ni un article de quartien pour le Progres)...

Ou devrais-je dire : « De l’art de réussir à remplir une demande avant que l’appartement ne soit deja loué ». La recherche d’un logement décent où habiter à Vancouver relève du parcours du combattant. Arrivée ici de France depuis peu, j’en ai fait la laborieuse expérience. Suivez le guide…

En théorie, trouver un appartement à louer à Vancouver ne semble pas impossible, ni même difficile, surtout si l’on se réfère aux trois éléments suivants :

1)      Le nombre de petites annonces, fleurissant tels des bourgeons de cerisiers, sur les panneaux d’affichage, et surtout sur les sites Internet tels que Craigslist.

2)      La période de l’année à laquelle vous cherchez, notamment la fin juin comme cela a été le cas pour moi – parce que, qui dit fin de l’année, dit départ des étudiants et donc libération des appartements.

3)      Les témoignages d’amis d’amis, autant de légendes urbaines qui construisent nos nouveaux souvenirs d’expatriés plus ou moins fraîchement débarqués du Vieux-Continent, disant à qui veut l’entendre que c’est Ô combien plus facile à Vancouver qu’en France (où il est impossible de trouver un appartement sans travail ni famille qui vous soutiennent).

 

Tous ces ingrédients mis bout à bout devraient donc donner la suite logique suivante : Une petite annonce qui plaît -> Appel du gestionnaire de la location -> Prise de rendez-vous -> Visite -> Depôt de la candidature -> Signature (ou non). Mais c’est sans compter sur la pratique, qui, comme chacun le sait, n’est jamais comme la théorie. Cela serait trop simple (et cela se saurait).

 

1)      Concernant le point 1, à savoir les petites annonces qui fleurissent sur les sites Internet : Entre les annonces perimées de deux semaines, celles d’appartements loués dans la minute suivant la mise en ligne, et celles dont vous ne voulez pas, il ne reste plus grand chose. Alors, à moins d’être connecté-e 24h/24 sur Internet, à traquer la moindre annonce potentiellement intéressante, il y a de fortes chances pour que vous perdiez votre temps.

 

2)      Concernant le point 2, à propos de la période de l’année propice à la recherche : On oublie souvent de penser que, qui dit étudiants, dit souvent petits revenus et moins d’exigence. Alors, à moins d’être prêt-e à vivre sous terre, pardon, dans un « sous-sol » (ou « basement ») ou encore à partager un « trois chambres » avec sept autres étudiants, il y a peu de chances pour que vous soyez réellement intéressé-e par ces appartements se libérant.

 

3)      Concernant enfin le point 3, c’est-à-dire les témoignages d’amis d’amis : On a souvent oublié de nous préciser qu’il s’agissait d’un « condo » à Yaletown ou d’un « 1 chambre » à Richmond. Plus grand chose à voir donc.

 

Nous en arrivons donc à la recherche proprement dite.

Étape 1 : Réussir à joindre le gestionnaire ou le locataire. Quand ils ne sont pas déjà « pretty busy », ils ne sont pas forcément intéressés par le fait que vous avez déjà appelé 23 fois et que vous vendriez même votre mère pour avoir ce « super » appartement.

 

Étape 2 : Réussir à aller au rendez-vous fixé par ledit gestionnaire. Soit le rendez-vous est précisé sur le site Internet, soit on vous envoie un courriel (groupé) du type « L’appartement est visible aujourd’hui entre 5:15pm et 5:27pm » (heure d’envoi du courriel : 5:05pm). Soit on vous donne rendez-vous par téléphone, le jour même à 1 h ou 3 h de l’après-midi, idéal lorsque l’on travaille…

 

Étape 3 : Finalement, très motivé-e, vous arrivez à l’heure au rendez-vous. S’offrent alors à vous deux possibilités :

a)      Personne ne vient. Le gestionnaire a déjà loué l’appartement et n’a pas eu l’obligeance de prévenir les gens. Dans ce cas, vous vous retrouvez avec 25 autres personnes, qui, elles aussi, attendent.

b)      Le gestionnaire vous dit qu’il vient juste de louer l’appartement.

c)      Vous visitez, et Ô miracle, cela vous plaît. Ce n’est ni un « ground floor » (euphémisme pour dire « UNDER floor »), ni un « sous-sol » avec une fenêtre donnant sur un stationnement et une douche dans laquelle vous ne tenez pas debout – bref, vous le voulez.

 

Étape 4 : Vous remplissez le formulaire et répondez à toutes les questions, de « Combien vous gagnez à l’année » à « Quel est votre ancien et actuel travail », en passant par les coordonnées de votre ancien propriétaire (afin de vérifier que vous êtes un bon locataire), et d’amis pouvant témoigner que vous êtes un-e bon-ne locataire, etc. etc.

Vous pouvez donc donner, en plus de toutes ces informations, le numéro de Maurice, votre copain de la soirée de samedi. AU cas où le gestionnaire l’appelerait (c’est donc plutôt positif), il ne devrait plus y avoir de souci du moment qu’il prononce les mots magiques : « Calme, silencieux, tranquille »,. Attention, il arrive aussi souvent que les formulaires soient tellement simplifiés qu’on n’y demande à aucun moment vos références. C’est louche. Alors, à moins d’avoir avec vous les papiers nécessaires, circulez et commencez déjà à chercher ailleurs.

 

Étape 5 : La réponse ne tarde pas, du jour au lendemain en règle générale :

a)      « Désolé, j’ai reçu 124 appels et 77 demandes, j’ai pris le meilleur dossier ». Comprendre : «  J’ai pris le premier qui a visité, ou encore le premier qui a payé sa caution comptant ».

b)      « Vous avez l’appartement [en échange de douze chèques pour l’année et d’un chèque de la valeur d’un demi-loyer pour la caution, quand même !] ».

 

Dans ce dernier cas, vous en oubliez le décalage horaire et appelez votre mère tellement vous n’y croyez pas. Et vous revoyez votre fameux discours de fraîchement debarqué-e.

 C’est une question de point de vue. Comme tout finalement

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Publié dans Lost In Vancouver

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N
trop bon ! j'aime beaucoup la phrase de conclusion !<br /> totu ça pour dire qu'on est pas si mal logé chez nous (enfin pour el moment !)
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S
Alors là, je dis BRAVO !(j'aurais pu aussi dire euh...je sais pas... "tracteur" !!!   mais on est d'accord, cela aurait nui grandement à la cohérence de mon propos)
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