Le choc des mots, le poids du vide

L'avantage, comme le danger de l'ecrit, c'est que ca reste. Noir sur blanc. Ca se relie, se decortique, s'analyse et s'interprete dans tous les sens.
Cette semaine, certains mots sont venus titiller mes yeux, au point de les irriter et de me faire pousser des "Grrrrrr" comme le fait si bien mon etudiante preferee de UBC, prof de yoga, avec qui je parles meditation et connaissance de soi (en francais ET en anglais). Mais je m'egare.
I- Parler quebecquois ou comment nous prendre pour des cons
Vendredi dernier, formation dans un centre francophone de Vancouver, avec lequel qqs profs (dont moi, donc) de mon ecole travaillent sur un projet de campus virtuel. L'organisatrice de la formation est une belge expatriee ici depuis 20 ans qui bosse ici surtout avec des quebecquois. Comme les qqs quebecquois que je connais (pour ne pas generaliser), elle tend a franciser tous les anglicismes qu'elle rencontre. Quite a inventer des mots. Parce qu'au lieu de recourir aux mots francais deja existants, ce qui paraitrait logique pour des "defendeurs" de la langue francaise, ils preferent logiquement partir des mots anglais et les franciser, donnant ainsi de nouveaux mots absolument ni francais ni anglais.
Admettons. C'est comme ca que Madame fait la maligne en nous parlant de "BloGues... ou comme on (mm, des noms peut-etre ?) dit en francais : Des cybercarnets". Bin ecoute, fais toi plaisir ! Je commence direct a lui certifier qu'en France, on dit bien Blog et non CyberCarnets (rassurez-moi ???). Bin NAN ! C'est comme ca.
Admettons (mghrrm). Autre moyen de communication : "Le Clavardage textuel". La, je sens Virginie, une copine de l'ecole, qui commence a vaguement pouffer, on lui demande donc de nous expliquer. Nous parler francais mais nous pas connaitre le clavardage textuel. Nous jamais entendu parle de ce truc. Ca fait mal ? .... Le Chat ! Ahhhhhh Okayyyyy, fallait le dire. Et la Madame-qui-commence-a-m'enerver- qui nous prendrait presque pour des demeures : "Bin enfin ! Le clavardage textuel ! La conversation simultanee via ordinateur ! Enfin !". Ah bin ui, forcement.... Nous etre debiles.
Admettons (mgrrrrgmmmmh). Nous arrivons au bouquet final la fin de la presentation. En plein milieu d'une phrase en francais (bourre de fautes d'ortographes en plus), la voila-ty-pas qu'elle nous case un "Assesment", l'air de rien. Moi je dis plus rien, je viens deja de caser que si on en est a jouer sur les mots, on peut aussi dire que Appareil photo c'est pas Camera en francais (camera etant le mot anglais). J'ai pas envie de m'en prendre une, elle est costo et au fond, sympa. Ca sera un autre prof qui lui fera remarquer. Pour seule explication, nous avons eu "Oops, c'est mon anglais qui ressort !". Point.
Admettons. La linguiste amateure que je suis a quelque peu failli lui faire bouffer sa presentation Power Point. Le probleme, c'est que je ne peux pas faire ca a chaque fois que je rencontre un quebecquois. Pffff.
II- Parler le Politique ou comment nous prendre pour des cons (encore !!)
Ce matin, qu'elle fut ma joie ma surprise de lire la derniere belle phrase de mon ami Nicolas S., qui m'etonnera toujours pas ses grandes phrases a la con. Ce cher Sarko, avec toute la pedagogie qui le caracterise, a donc balance a l'Assemble nationale,
«Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter.»
Tu as raison Nicolas S., je n'aime pas la France en ce moment parce que je ne t'aime pas et je n'aime pas ce que tu en fais. J'ai donc quitte ce pourtant beau pays qui reduit, a grands coups de reduction de budgets et de postes, preferant investir dans un karcher plutot que dans l'education.
C'est bien la premiere fois que j'aurai suivi ce que conseille un homme politique un marrant.
Un article sympa sur Libe.fr rappelant la non-originialite de ce type de phrases... deja utilise par un certain JM Le Stylo ( (c) Solaar).