Soldes sur l'éducation
Je rentre de chez ma soeur, repas hier soir, avec mes trois cousines... Enfin, cousines/copines comme on dit depuis notre naissance. Faudrait un jour que j'en parles plus et mieux... Des amies que je connais depuis que je suis née. Au point qu'on se ressemble sans avoir de lien de parenté (ça doit être les tâches de rousseur). Donc, repas de départ, "il était temps" comme m'a dit Zora la Rousse, ma cousine conscrite, Fabienne de son vrai prénom.
Et donc, conversation entre autre sur le devenir de ma frangine, qui a préparé pendant deux ans le concours de CPE (conseiller principal d'éducation) et qui abandonne pour passer à autre chose. Parce que le nombre de postes a été publié au B.O, et qu'on annonce deux fois moins de postes que l'an dernier (c'est passé à qqchose comme 600 y a 3 ans à 200 -!!!- l'année prochaine).
Je rage devant cette société, devant ce gouvernement à la con qui réfléchit à l'envers, qui résout tout par la répression plutôt que par la prévention. Quand comprendra-t-il qu'il détruit des (relativement) bonnes bases pour plonger l'avenir dans une situation pathético-dramatique. Depuis des années, le gouvernement actuel arrive à faire croire que l'une de leurs priorités est l'éducation. Laissez-moi rire. On n'a jamais été autant dans la non-éducation qu'aujourd'hui.
Putain de système
On pousse les jeunes à faire des études, soi disant pour avoir plus de chances de trouver du travail, alors qu'il s'agit en réalité d'une façon de décaler leur entrée sur le monde du travail et fausser ainsi le taux de chômage. Plus d'enfants dans les écoles, plus de lycéens qui passent le bac et plus d'étudiants dans les universités. Logiquement, plus de professeurs des écoles, des collèges, des universités. Plus de personnes d'éducation (CPE, assistants d'éduc, etc.).
Je dis bien "logiquement". Parce que si le discours du gouvernement laisse à penser que l'éducation nationale recrute, on en est bien loin dans les chiffres. Depuis quelques années, le budget de l'éducation diminue comme une peau de chagrin, du moins le nombre de postes. Chaque année, on recrute moins de professeurs, moins de conseillers d'éducation. Idem pour l'enseignement universitaire (je ne parle même pas de la recherche ! rappelez vous les manifs du CNRS et de ses directeurs de labo).
A la place, c'est une logique de comptoir qui s'installe. On veut faire entrer les flics dans les écoles. On envoie les nouveaux profs au casse-pipe : T'es nouveau ? On t'envoie directement dans le 9-3, sans passer par la case Formation. Si tu ne fais pas de dépression la première année, c'est cool. T'es un jeune prof des écoles ? On t'envoie gérer une classe unique avec un prime la directtion de l'école et le rôle de psychologue scolaire. Dramatique.
Quand je vois ça, forcément, je ne m'attends pas à des miracles. On brade les diplômes pour des putains de stats. C'est comme ça que je corrige des copies d'étudiants de FAC en si mauvais français qu'on se demande comment l'étape Bac a pu être franchie. Bin oui, les profs correcteurs ont pour consigne de réhausser les notes. A pleurer.
Brader les diplômes, c'est bien. Ca permet de se retrouver avec des jeunes qui ne connaissent pas l'histoire, qui n'ont pas de réflexion propre, qui sont malléables, avec des bouts de cerveau disponibles pour autre chose... Autant dire que je suis bien contente de ne pas être au collège ou au lycée aujourd'hui, parce qu'il faut avoir une sacrée volonté pour être motivé-e.
Moi, j'aurais envie de tout casser... (à la place j'écoute NTM, Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?)
Dites, là-haut, quand est-ce que vous arréterez de nous prendre pour des cons ?
[Et je dis pas ça parce que je suis Docteure ès Chômage. Désolée, promis, la prochaine fois, je parle d'un truc plus léger : L'amour c'est comme l'Euro Million].