Alors si Zazie dit que Ça vaut la peine...

Publié le par Hello Stéphanie

(# Attention post LONG#)

 

Surfer sur le site fle.fr, c'est comme surfer sur le site Expedia.com.

Moscou, Chine, Pérou, Lyon, Mexique, Paris, Portland, Chicago, Lyon, Louisiane, Bolivie, Lyon...

 

Comme je me fais régulièrement piégée sur Expedia, je me suis faite piégée mardi matin, sur le site fle.fr... J'ai réalisé que j'étais passée à côté de belles années de voyages et d'enseignement du français aux 4 coins du monde. Quand j'étais jeune et ne me formalisais pas si je n'avais pas de couverture médicale ou un salaire décent....

Maintenant, quand je regarde aux petites annonces, autant les destinations sont sympas, autant les salaires font peur. Bon, okay, être payée 600 euros pour 20h d'enseignement en Amérique du Sud reste très correct compte tenu du coût de la vie... Par contre, être payée 12 euros pour des cours à Paris ou Lyon, faut pas déconner non plus.

Alors forcément, mon regard va plutôt s'arrêter sur l'annonce à Chicago ou en Louisiane avec salaire décent... Pi je me rappelle pourquoi je suis allée sur ce site, in the first place. Réflechissons à tête reposée au lieu de faire ma globe-trotteuse genre Besoin de personne.

 

L'autre jour, je parlais avec mon ami Valentin de nos départs de France et nos éventuels retours.

Il faudrait que je relise mon blog les mois précédent mon départ il y a 5 ans... Le plus dur n'avait pas été de prendre la décision. Une fois celle-ci prise, tout m'avait paru évident... jusqu'au mois précédent le départ... Soudain, le coeur s'emballe, tu te rends compte que tu vas laisser ta routine derrière toi, ces petites choses rassurantes, ces amis qui sont là, pas loin, ces choses que tu aimes faire le dimanche matin, ce club de sport, la vogue aux marrons (i miss it !!), la famille, ton chat.

100-tabac.jpg

Le feu 100 tabac...


Le coeur s'emballe, t'en dors plus, tu ne sais plus. Panique. Et si.. Et si je me plantais?

Si je savais ce que je laissais derrière moi pour une période de temps inconnue, je ne savais pas ce qui m'attendait. Mais j'ètais tellement impatiente... curieuse de découvrir cette nouvelle vie.  J'avais hâte de faire mes marques, trouver mes cafés que j'aimerais, les rues que je prendrais chaque jour.

J'avais hâte de vivre ce que Romain Duris explique quand il arrive en Espagne (L'auberge espagnole). (voir mon post après un an ici).


"Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective, des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Plus tard, on aura habité cette ville; on aura marché dans ses rues; on aurait été au bout des perspectives; on aura connu ses bâtiments; on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l'aura prise dix, vingt, mille fois."

 

Aujourd'hui, quand je pense à un retour, mon coeur s'emballe de la même façon. Il bat la chamade, pense à toutes les bonnes choses que je (re)trouverais. La famille, les amis, Lyon. Il s'emballe.

Et puis je pense alors à ce que je laisserais ici. Panique. La plage à 4 blocks, les footings en bord de mer, mon petit café, le vieux cinéma, le club de boxe, les amis, le surf avec vue sur l'océan, les States, les soirées traquenard, mes 2 balcons, l'été à Vancouver...

 Alors je réalise que si je pars, je sais ce que je laisserais derrière moi, mais je sais aussi plus ou moins ce que je retrouverais. Ce ne sera pas vraiment nouveau, mais différent.

 

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Qui serais-je dans une ville que j'ai quittée il y a 5 ans, comment seront ces gens dont j'ai suivi la vie en pointillés seulement (et vice-versa)?

Est-ce que je redeviendrais aigrie par ce sytème et ce pessimisme ambiant, par cette (auto) critique à outrance? Ou aurais-je pris la distance nécessaire?

Comment serai-je, qui serai-je?

 

J'aimerais être une petite souris qui pourrait s'y projeter.

 

Je sais qu'en ayant eu à tout construire ici, sans rien, j'ai gagné en force morale et confiance... Mais combien de temps avant que la France ne m'use et ne me fasse tourner en bourrique?


 Alors je respire profondément pour ralentir mon rythme cardiaque et me dis 2 choses :

- De toute façon, si cela tournait au vinaigre, je pourrais repartir. Je l'ai fait, et le referai si besoin.

- Redécouvrir sa ville natale n'est pas si pire.. Un nouveau regard, un nouveau point de vue...

 

Et je suis maintenant persuadée que ce ne sera pas seulement REdécouvrir.

 

Je ne rentrerai que pour découvrir.Na !

bowen_ferry.jpg

 

Tant qu'on danse encore,
Tant qu'on rêve encore,
Que ça change un jour,
Ca vaut la peine.
Tant qu'on aime encore,
Tant qu'on pleure encore,
C'est qu'on croit toujours
Que ça vaut la peine.

(Zazie)

Publié dans Lost In Vancouver

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steph 15/02/2011 05:44



Steph, merci pour ton long témoignage. Pourquoi faire vite?


D,abord mon road trip et mon expo et mon tournoi de boxe :)


Le truc c que si peu de gens ont expérimenté ma vie ici, je trouve ça tellement effrayant de se dire qu'en gros, tous mes proches ne seraient alors jamais vraiment comment était ma vie ici (la
culture, la langue, le boulot, mes amis proches ici, ex, etc etc). Et qu'en rentrant, il sera difficile d,exprimer tout cela (par exemple, si je déprime, ou si je veux comparer, comment
''relate'', feel related.. je sais pas comment traduire.


 


Sandrine, je vais essayer, de tte façon, ça ne mange pas de pain !



Angie 15/02/2011 03:19


Re-coucou!!!! Je pense qu'il ne faut pas que tu te prennes la tête car quoi qu'il arrive tu prendras la décision qui te tient le plus a cœur. Repense a l'état d'esprit dans lequel tu étais avant de
partir a Vancouver, les raisons qui ont motivé ton départ repense bien a toutes ses sensations puis fais le bilan de ces années ecoulés... Tout ce que ça t'a apporté et imagine toi n'être jamais
parti et comment serait ta vie sinon, serait t'elle mieux aujourd'hui??? (Mieux je ne pense pas, simplement différente, comme toi tu l'es maintenant) maintenant repense a la façon dont tu t'es
décidé y'a 5 ans et fais le même choix en sens inverse cette fois. Tu as pris cette décision 1 fois tu y arriveras une seconde fois. (ce qui n'est pas le cas de beaucoup de personnes, toi tu as
cette force et ce courage d'autant plus que tu le fais seul ce qui est encore plus remarquable). C'est tout a fait normal d'avoir envie d'un retour car tu as laissés les personnes que tu as de plus
cher en France, peut être a tu l'impression de trahir cet amour!!! Mais tu vis juste t'a vie et tu la vie a fond remplie d'extraordinaire expérience que beaucoup ne peuvent pas comprendre mais que
personne ne te reprochera au contraire je pense que beaucoup t'envie, moi y compris. Sache que chaque choix n'est jamais totalemnt definitf, il y'a toujours moyen de le modifier a nouveau... Ne te
prend pas trop la tête en tout cas, tu risques de vraiment te miner le moral!!! Quoi qu'il arrive tu prendras la bonne décision pour toi!!!


sandrine 14/02/2011 19:23



En fait, les pays anglo-saxons sont peut-être + ouverts que nous sur le recrutement à distance, donc ça vaut le coup de regarder éventuellement un peu en dehors de France....



Steph.C 14/02/2011 17:53



Hé ben moi, je les aime, tes longs posts !


'Magine-toi que je me pose personnellement moi-même la même question.


Des fois.


...


Souvent, en fait.


 


À une autre échelle, hein ! J'ai quitté ma Lyon natale et ma Haute-Savoie d'adoption début 2000, après un accident de la route (qui m'a collé 3 semaines dans un hosto, rayon "soins intensifs") et
une rupture (l'un n'étant pas la conséquence de l'autre. Enfin j'crois pas).


 


Bref !


Cap sur la (très glamour) Lorraine - où j'ai tenté de me changer (en vain) les idées pendant 2 ans (qu'heureusement qu'y avait le boulot !) - puis sur la région parisienne (et ses embouteillages
blasants).


Ça fait donc 12 ans que j'ai quitté tout ce que tu décris si bien, et qui manque tant (Lyon, les potes, la famille, la montagne, le (vrai) Beaufort, Genève, l'Abondance (le vrai), Thonon, Evian,
le lac Léman, les sorties moto dans les virolos de "la vallée verte" avec quelques potes, et encore plein d'autres trucs). 


Je pense souvent à mon hypothétique retour, sauf qu'en 2000, je promenais seul ma carcasse.


Maintenant, j'en nourris 3 autres !! (C'est pas pareil)


J'adore retourner "là-bas", pour les fêtes de fin d'année, les anniv' de potes d'enfance, etc. Mais ce que je sais aussi, c'est que j'aime aussi retrouver mon désormais "chez nous" parisien à
chaque retour.


Je reste convaincu que "là-bas", tout n'est plus pareil, et que je n'y ai plus la place que j'y avais.


Mais je suis sûr que j'y retournerai.


Un jour.


 


(Conseil de Steph à Steph : Ne tarde pas ! Décide rapidos !)



steph 13/02/2011 23:47



Oui...


Après je connais plein de gens ici qui ont quitté Van pour l'Europe de nouveau justement parce qu'ils avaient trouvé du boulot d'ici...


Pour le chömdu, je ne compte même pas dessus... donc c pour ça que toute décision sera mûrement réfléchie. J'ai aussi conny des gens qui ont planté leur retour (très peu, mais bon, ça donne pas
envie).