La frousse

Publié le par Hello Stéphanie

Le depart approche, la frousse avec.

Un an dans un autre pays, et deja, les habitudes d'antan s'effacent, des choses que j'ai pourtant faites durant de longues annees, et je ne sais plus. Est-ce qu'en France aussi, le bus s'arrete tous les 500 metres, je rentrais par quelle porte ? Laisse-t-on toujours un pourboire au resto, au taxi ? Est-ce qu'il n'y avait vraiment aucun arbre dans ma rue ? A quoi ressemblent les ecureuils du parc de la Tete d'Or ? Le lait longue conservation a quel gout deja ?

Je les oublie tout simplement parce que je ne me suis jamais posee la question, parce que je n'y ai jamais pense, on ne reflechit pas aux choses du quotidient, on les vit (ou subit). C'etait mon quotidien, et c'est tout.

C'est probablement ce qui se passe pour une partie des gens qui ne voyagent jamais, qui ne sont jamais sortis de leur pays. Trop habitues aux memes choses, trop occupes a se plaindre de ces choses, on ne sait meme plus, meme pas, que finalement, on est plutot bien lotis (ou mal, ca arrive aussi), ou que c'est aussi comme ca, ailleurs, et ca fonctionne.

J'ai peur. Je me demande comment je vais me sentir. Vais-je trouver la ville belle ou grise ? Le bruit, les rues etroites, les trottoirs sales. Cliches, mais cliches d'une vie de tous les jours. J'ai peur de me sentir perdue, etouffee. J'ai peur d'adorer ce brouhaha incessant.

En meme temps, j'en ai besoin. Retrouver l'effervescence de la ville, de l'histoire, retrouver ce que je connais, dans une langue que je connais parfaitement. Retrouver les racines de ce que je suis, ou du moins, ce que j'etais. Mais ou etais-je finalement ? La ville nous a efface-e-s. Petite fille, je passais mes week-ends dans la boue d'un ranch, habillee en garcon, courant apres les chiens et faisant du cheval. Cette petite fille a disparu dans la ville, et renait doucement ici. Appater l'ecurueil, le chat ou le chien, vivre avec des millions d'habitants en moins autour de soi, sous le toit d'une maison. Aucun bruit le soir dans la rue, seule la pluie qui tombe.

J'ai peur mais j'ai terriblement hate. De voir mes proches. De voir mes ami-e-s, les bebes, les nouvelles maisons.

De voir ce que je vais ressentir. 6 jours.

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Sandrine 21/01/2007 19:28

Si ça se trouve, qd tu arriveras, il aura neigé, il fera froid, comme ça, ça te fera une transition en douceur ...

NewYorkangel. 20/01/2007 20:10

C'est dingue comme tu as tellement bien exprimé avec TES mots ces mêmes sensations que j'ai pu ressentir 20 fois, mille fois, dix mille fois. Et c'est bien de lire que ça fait un peu la même chose à tout le monde, á tous les voyageurs qui ne savent plus bien ou c'est chez eux et quels sont les codes et comment on doit parler.
Merci Steph de ne pas hésiter à dire que tu as peur car trop peu de gens savent avouer qu'ils appréhendent les choses.
Tu as raison d'avoir hâte aussi. Et surtout ,tout se fera naturellement. Le plus long, c'est d'attendre. Mais en même temps, ça va passer trop vite et tu seras dans l'avion retour pour Vancouver avec les mêmes questions, les mêmes doutes, mais dans l'autre sens!!
Bref, tout ça pour dire, super article! You go girl!

Sandrine 20/01/2007 12:00

T'inquiète pas, je pense que ça va vite te revenir, le goût du vrai lait, du saucisson, des quenelles, et l'amabilité sans failles des conducteurs de tout poil ...

Lucie 20/01/2007 02:37

Eh bien rassure-toi Steph, tou n'es pas seule ! Notre PVT prend fin le 29 mars et bizarrement on redoute énormément le retour (surtout niveau professionnel, hein, ça se comprend) bien qu'on soit content de revoir la famille et les amis.

D'ailleurs on redoute tellement le retour en France qu'il est probable qu'on n'y reste pas... Genre : euh je fais que passer, hein ! On va voir mais ouais on appréhende.

C'est fou ce que le fait de voyager fait réfléchir à ce qu'on veut vraiment. Je me posais dèjà des questions quand j'étais en France (sauf pour lâcher mon CDI) mais là ça foisonne, ça foisonne !

En tout cas bon retour et surtout profite !

Pepper Mint 19/01/2007 21:37

Angoisses compréhensibles! Mais on t'attend tous avec tant d'impatience que cela te fera sûrement chaud au coeur. Bon retour cher toi !