De l'art de draguer a Vancouver

Publié le par Hello Stéphanie

Voici ma derniere chronique ("Vancouver pour les nuls") publiee pour l'Express du pacifique (copyright Hellostephanie)
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Quand monsieur l'agent m'a verbalisee, essayait-il en fait d'avoir mon numero de telephone ??


 Chacun sait que le vancouverois est poli, politiquement correct, voire hypocrite quand cela est plus pratique. C’est ainsi que l’on a, succintement, l’impression que tout le monde vous adore mais que tout le monde s’en fout. Mais quand on en vient aux choses sérieuses, est-ce la même rengaine ?

 

Quelques mois après mon arrivée à Vancouver, une amie, plutôt jolie, m’avait confié son étonnement (mélangé à une sorte d’incompréhension et de doute typiquement féminin, du type « Suis-je encore capable de séduire ??? ») : « En un an, je ne me suis jamais fait draguée ! ». Elle était donc loin d’expérimenter, à Vancouver, la drague, ou devrais-je dire les tentatives lourdes dont les francaises peuvent être l’objet en France.

Un an après mon arrivée, j’en arrivais à la même conclusion. 2, 3, 4 filles dans un café ou un restaurant peuvent passer une soirée entre filles sans être embêter par des mâles en rut (ou pas). Par contre, il suffit de traverser la frontière et alors, soudain, de nouvelles perspectives s’ouvrent. 200 km plus au sud, les langues se délient (au sens figuré, entendons-nous bien), les esprits s’ouvrent et les regards se concentrent un peu moins sur les écrans de télévision pour se diriger vers de vraies personnes (par exemple, saviez-vous que certains américains savaient 1-où est la France, et 2- qui est le nouveau président ??). Bref.

 

La dure loi de la ville

2 ans après, et à peu près 2 tentatives (et demi) d’approches, je me suis sentie obligée de revoir la question autrement. Et arrêter de comparer avec le modèle français (qui est, de toute façon, loin d’être une référence dans l’univers de la finesse : Les « Oh mademoiselle, t’es charmante ! », ça va cinq minutes mais bon...).

D’accord, il y a plus de femmes que d’hommes à Vancouver. D’accord, il y a aussi beaucoup de jolies filles (quand elles portent autre chose que leur pantalon de sport Lululemon ultra taille basse). Alors, pourquoi y-a-til autant de célibataires ? Dans un récent article de 24hours, je lisais que ceci était justement dû grand nombre de jolies filles, qui obligeait les hommes à papilloner... et à ne jamais se poser.

Oui mais quand même. Il y aussi des couples ! Ils ont bien du commencer quelque part. Alors comment ont-ils commencé ? Pas à la salle de gym j’en suis sûre, parce que l’entraînement sportif (parfois appelé « Entraînement M’as-tu-vu »), ça ne rigole pas, et hors de question de se laisser distraire. On regarde, on se montre, mais c’est tout.

Alors peut-être dans le bus, écrasé-e entre la porte et le voisin, à la bibliothèque entrain de rechercher un livre sur Comment devenir prof de yoga, ou encore au pub pendant la coupure pub du match de hockey ? Ou alors au parc en promenant Mimi le mini toutou, au travail entre 2 cafés, ou en faisant les courses au magasin Bio ?

Du coup, je me suis lancée dans une étude ethnographique du mâle vancouverois, histoire d’y voir un peu plus clair.

 

 De l’art de séduire discretement

Le vancouverois est donc politiquement correct dans la vie de tous les jours. Par exemple, il peut vous passer devant, vous pousser pour entrer dans le bus, manquer de vous écraser avec sa grosse voiture parce qu’il envoyait en même temps un texto sur son portable. Mais il s’excuse toujours (et ce, même quand il ne sait pas pourquoi). Il est donc probable qu’il sera tout aussi « poli » dans sa façon de « draguer ». Et là, tout de suite - vous ferez l’expérience vous même -, une nouvelle vision des choses s’ouvre à vous, un peu comme si vous ouvriez une nouvelle fenêtre.

Et si cet homme qui me sourit à la boulangerie était en fait entrain de me faire du gringue ? Et si celui-ci, en me lachant la porte sous le nez, etait en fait, entrain de tenter de me séduire (à sa façon bien sûr) ?

 

Le problème ici, c’est que tout le monde parle à tout le monde, tout le temps. Difficile donc de différencier politesse et séduction. C’est pour cela, probablement, que je suis passée à côté de toutes ses ouvertures. Et si, en fait d’être poli, il essayait simplement d’attirer mon attention ? Maintenant que j’y repense, il y avait ce gars dans le bus, qui avait complimenté la fausse fourrure de ma vieille doudoune. J’avais trouvé ça bizarre. Ou encore il y avait celui qui m’avait dit, au rayon Vidéo de la bibliothèque, quelque chose dénué du moindre intérêt humain.

Mon dieu. Il faut à tout prix que je prévienne mon amie. Il n’est pas trop tard pour qu’elle revienne.

 

Publié dans Vancouver Way Of Life

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Cynthia 23/02/2008 01:08

Ahah, moi dans le skytrain j'ai eu droit à un "ouah elles sont super vos lunettes" suivi d'un "je suis certain que vous aimez danser"... Approches originales il est clair...Mais c'est vrai qu'à la longue on se dit qu'un tout petit peu plus de dragounette ça manque... ne serait-ce que pour un petit regonflage d'égo, même quand on rejoint chéri à la maison. :DMerci pour cet article en tout cas, comme d'hab!

bulledamande 22/02/2008 17:33

bonjour, j'ai passé 15 jours à whistler vancouver pour les fetes de fin d'année...c'est un enchantement de tomber sur ton blog...il y a tant de choses que je n'ai pu voir.. donc je crois que je vais venir souvent par ici! il est bien tourné ce blog! et ce fameux accent dont tu parles.. c'est terrible j'ai eu l'impression de ne pas savoir parler un mot d'anglais pendant 15 jours... à bientot!!!bises

fanette 22/02/2008 15:05

Mais ils ont l'air bien, les vancouverois. peut-être qu'il faut se jeter sur eux.